Reportage/Beni maouche : Ighzer Oubellout le village des morts vivants

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« J’ai toujours considéré le village ighzer Oubellout, comme un village qui date de l’âge de pierre », selon Mouhou, cadre dans une entreprise, en compagnie de Abdelkader et Moussa  du village Tizekht, qui commentent un ensemble de difficultés des villages de la commune Beni maouche.      

« On ne connait  notre village que de vote en vote seulement » répètent souvent une dizaine de villageois qui nous ont accueillis chaleureusement, lors de notre virée journalistique dans ce village situé à plus de 21 km du chef-lieu de la communale de Beni maouche à Béjaia. Considéré non seulement oublié, mais, effacé de la cartographie de la commune, de beni maouche et de la wilaya de Béjaia, le village Ighzer Oubellout  n’a jamais bénéficié d’aucun programme spécial pour sortir de l’isolement depuis l’indépendance nationale en 1962.   Le projet de raccordement de gaz de ville s’est arrêté à quelques km du village. Idem pour l’installation de la fibre optique qui n’a pas touché le village. Quant à l’approvisionnement en eau potable, c’est un autre cauchemar que les citoyens évoquent sans cesse.  Doté d’une fontaine traditionnelle située à près de 1 km qui date depuis 80 ans, cette fontaine d’un autre siecle assure l’eau à compte goûte aux nombreuses familles qui s’approvisionnent en eau potable grâce à l’unique âne du village qui appartient à l’imam affecté à ce village depuis 18 ans.  Pis encore, la ligne électrique n’a pas été changé depuis les décennies, alors que toutes les autres lignes ont étés remplacées par mesure de sécurité. « Nous avons réclamé le changement des lignes électriques qui présentent un danger permanent, on nous a demandé  de payer la facture et de faire une demande à Sonelgaz d’Akbou, afin d’intervenir, mais rien n’est fait dans ce sens et on attend toujours une solution avant que ce soit trop tard »  a déploré  M Abdelkrim Ouari, président de l’association Assirem « Association Espoir ».

La limite des moyens de l’APC  

La fontaine thala nathbraham qui date de plus de 80 ans

« Le président de l’APC vient de temps en temps nous rend visite et écouter nos préoccupations quotidienne. Mais, ça ne dépend pas de lui uniquement. C’est la wilaya de Béjaia qui doit prendre en charge nos préoccupation dans un cadre d’un projet spécial », a-t-on indiqué.  Et pourtant, malgré toutes les frustrations qui répondent aux besoins minimaux de la vie des citoyens, aucun fléau négatif n’est enregistré au niveau du village. «Dieu merci. Les jeunes sont bien conscients du bien et du mal. Nous n’avons ni drogue, ni alcool ni vole, malgré l’isolement et la marginalisation » a souligné ajouté le président de l’association Assirem qui revêt d’une considération assez remarquable au sein du village.  Situé aux limitrophe entre la commune de Beni maouche wilaya de Béjaia et Beni Chbana wilaya de Sétif, ce village historique de 400 à 500 habitants a abrité deux important hôpitaux pour les soins des moudjahidines durant la guerre de libération nationale ou l’on souligne 13 martyrs qui sont enregistrés pour la cause nationale. Trois soldats dont un officier français sont morts dans ce village martyr qui a refusé le silence et la trahison.  Evoquant la situation des enfants scolarisés et le secteur de la santé en cas de besoins médicaux, qui présentent un droit élémentaire et constitutionnelle, on apprend que les citoyens louent des taxis à 1500 Da pour se faire vacciner à la polyclinique de Beni maouche. Quant à l’école, les habitants n’ont pas manquer de déplorer la décision des responsables locales qui veulent fermer l’école du village et les transporter dans un autre village à une dizaine de kilomètre, toute en sachant que les routes se retrouvent fermée durant toutes les  périodes d’hivers en plus de leurs impraticabilité durant toutes l’année. Resté à l’état sauvage  depuis l’indépendance nationale,  le seul héritage de la population, c’est bien les valeurs morales et ancestrales qui donnent le sens de la vie citoyenne et humaine, d’où la grandeur et la valeur du village Ighzer Oubellout.

Par Amar CHEKAR      

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