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lundi 18 janvier 2021

Mustapha Aksouh, enseignant retraité: « La politique de l’éducation a massacré des générations entières.»

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« L’école est faite pour apprendre aux élèves à réfléchir et raisonner et non  pas lui remplir la tête et  nous suivre seulement.»   

Cité comme une des références de l’enseignement moyen dans la wilaya de Béjaia et à Seddouk plus précisément, Mustapha Aksouh, enseignant depuis les années 1970 et ex directeur au CEM Guenini à Seddouk, qui rend un vibrant hommage à son compagnon d’enfance, à savoir le défunt Boualem Semaoun, M Aksouh dégaine sur le système politique éducatif qui a failli à son devoir depuis : « Au lieu de porter le niveau de l’enseignement au plus hauts des niveaux des pays  développés on a régressé. D’abord, toutes les disciplines sont enseignées en langue française jusqu’à 1978. Ce qui veut dire que ce n’est pas seulement les 5 heures que l’enseigne aux élèves. Mais, c’est toutes les matières qu sont enseignée avec la même langue, à commencer par les mathématiques, les sciences naturel, l’histoire et géographie etc, ce qui fait renforcer l’apprentissage de la langue Française, jusqu’à l’adoption de l’arabisation de toutes les matières, sans tenir compte des exigences de l’évolution des sciences », dit-il. « Je ne suis pas contre l’arabisation, qui fait avancer le pays. Mais, une arabisation pensée et réfléchie. On ne mélange pas la pédagogie avec la religion. La pédagogie obéit à des critères. L’enfant peut assimiler une telle et telle connaissance à tel âge. Ce n’est pas l’école par apprentissage. L’école est faite pour apprendre à réfléchir et raisonner. On donne l’idée, c’est à l’enfant de réfléchir et raisonner et non  pas lui remplir la tête et  nous suivre seulement. ».

Le système du fondamentale a brisé l’élan du développement   

Les enseignants ont acceptés l’arabisation toute en pensant que le niveau des matières sera élevé y compris la langue arabe, mais malheureusement, c’est la stagnation générale qui s’en est produit dans la réalité. « En parallèle à cela, il y a eu encore l’évènement de l’enseignement fondamentale qu’on a appelé communément l’enseignement faoudha mentale « Anarchie mentale ». C’est était un lancement beaucoup plus d’expérimentation. Mais, malheureusement, après 3 ans d’expérimentation, avec le brevet de l’enseignement fondamentale du 7é 8e et 9é AF, le résultat au BEF était catastrophique. Le taux de réussite à l’échelle nationale était de 8%. Après ce résultat catastrophique au niveau national, on devait tirer la leçon et revenir à l’ancien système éducatif. Mais malgré le résultat très négatif, on a continué dans l’erreur, pour la simple raison,  on a pensait au côté économique et pas le côté pédagogique qui constitue un des éléments essentiels pour faire avancer l’éducation national.  Au lieu d’un cycle moyen de 4 ans, on a fait un cycle de 3 ans et voilà le résultat que l’on subit actuellement. On ne savait pas qu’on a surchargé les programmes du 7é, 8é et 9 années fondamentales.  Ni les élèves, ni les enseignants ne sont retrouvés dans le programme politique imposé depuis. Le niveau a chuté en chute libre. On n’a pas cherché la qualité, mais la quantité. La déperdition scolaire était fatale pour tout le pays à cause du système éducatif fondamental.  

Le défunt Boualem Semaoun, mérite la baptisassions d’une école en son nom

Interrogé sur la question d’une éventuelle bapitisation d’une école à la mémoire de feu Boualem Semaoun et à l’honneur de tous les enseignants qui forment et qui ont formés des générations pour servir le pays, Mustapha Aksouh,  interroge les consciences «  Si l’on ne baptise pas une école à la mémoire de Boualem Semaoun qui a commencer l’enseignement depuis 1958 à Seddouk, dite moi pour qui peut on le faire ? ». Conscient de sa valeur d’autant plus, un compagnon d’enfance  pour lequel, il témoigne autant de valeurs et disciplines éducatives et scolaires, cet enseignant n’a pas manqué de faire appel afin de convaincre et gagner la confiance des uns est des autres.  « On vas demander à la commune de Seddouk pour mettre en valeur sa mémoire et pour tout son dévouement à l’enseignement. Mais, presque c’est tout le personnels et élus qui sont passés par les cours de feu Boualem Semaoun.  Je ne pense pas qu’ils vont refuser ou rejeter l’idée de la bapitisation d’une école en son nom », a-t-il souhaité.  Evoquant la question de l’évolution de l’enseignement de la langue tamazight depuis son lancement dans les années 1996, Mustapha Aksouh qui  se réjouit d’une mémoire d’éléphant, souligne « Au début, l’enseignement de la langue tamazight, était bien dans son ensemble. C’est nos origines, notre histoire tous. L’enseignement de tamazight, ne doit pas rester restreinte dans des régions seulement dont la kabylie, mais, ça concerne tout le pays, tout le peuple », fait-il savoir, tout en déplorant certains comportements rétrogrades et ségrégationnistes qui empêchent leurs enfants d’étudier et apprendre la langue tamazight qui appartient à tous les Algériens sans distinctions aucune.     

A.C

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