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vendredi 23 octobre 2020

Littérature: L’Algérie des passions 1870-1939

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Il y a des livres qui accrochent dès les premières lignes. C’est le cas de L’Algérie des passions 1870-1939.  Le lecteur est happé dès le premier paragraphe de l’introduction. L’auteur, Pierre Darmon, recense les causes ayant poussé les Français à se lancer à la conquête d’un bon nombre de pays, tels que les Antilles, la Louisiane, le Canada, les Indes et l’Afrique. Mais, pour le cas de l’Algérie, sujet principal du livre, les troupes du corps expéditionnaire « ignorent tout, des causes qui les ont amenés sur cette terre dont ils n’attendent ni ne savent rien.». Au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture, Pierre Darmon étalent, l’une après l’autre, comme des figues sur une claie, « am ihvuvan af lluh », les raisons, les vraies, de l’invasion de l’Algérie, de son occupation et son peuplement par des Français et d’autres étrangers, principalement européens, charriés par l’invasion. C’est sa terre fertile, ses richesses qui étaient visées. Le colonel Vincent-Yves Boutin, avait déjà élaboré, dès 1808, le plan de l’invasion. L’histoire du « coup d’éventail » donné par le dey Hussein à l’intrigant Pierre Deval, n’était qu’un fallacieux prétexte pour justifier l’invasion et la colonisation de l’Algérie. Dans un rapport adressé au roi Charles X en 1827, Clermont-Tonnerre, alors ministre de la guerre, préconisait la conquête de l’Algérie non pas pour venger l’affront fait au consul Deval, mais pour ses richesses. Il en avait mentionné quelques-unes, dont la terre. « Les confiscations de terre portent l’inhumanité à son paroxysme. Punitions collectives, elles condamnent à la misère non seulement l’insurgé mais aussi sa famille (…) Certains indigènes, prisonniers en Allemagne pendant l’insurrection (de 1871 en Algérie), retrouveront même, de retour au pays, leurs terres ou leurs oliviers confisqués et exploités par des Français », écrit M. Darmon. « Au total, ce sont 500 000 hectares qui, selon Rinn (ancien officier de l’armée) changent de main (l’étendue d’un département français), chiffre incontestable puisque Djilali Sari estime cette superficie à 450 000 hectares et Augustin Renard, historien patenté du colonat, à 446 000 », ajoute M. Darmon. La colonisation ne s’était pas faite en douceur, tant s’en faut. Fait soulignépar nombre d’historiens, d’auteurs français et même de militaires français de l’époque ayant participé à la curée. « La brutalité, le recours aux razzias, la politique de la terre brûlée condamnant des dizaines de milliers d’indigènes à la mort sont à l’origine de l’accusation de génocide. Et de fait, lorsque les généraux français ordonnent l’abattage des oliviers et des figuiers d’une région de Kabylie, ils scellent le sort de toute une population, femmes, enfants et vieillards compris, qui n’ont commis d’autre crime que celui de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment », relève M. Darmon. Tous les moyens furent utilisés pour dépouiller l’Algérien de ses biens : expropriations, séquestres, impôts, confiscation pour utilité publique etc. Ce qui fera écrire à Jules Ferry en 1892, après un voyage en Algérie, que « le colon d’Algérie n’a pas ce qu’on peut appeler la vertu du vainqueur, l’équité de l’esprit et du cœur, et ce sentiment du droit des faibles qui n’est nullement incompatible avec la fermeté du commandement. » Les colons, l’armée et l’administration aidés par des supplétifs locaux, œuvraient pour le même objectif. Celui de mettre main basse sur tout le pays et ses richesses, en recourant à des lois rendant « halal », légal, toutes les mesures anti-autochtones. C’est ce que démontre, à longueur de pages, Pierre Darmon, né à Oran (Algérie) dans son volumineux ouvrage de plus de 800 pages.

D. Farouk

L’Algérie des passions 1870-1939
Editions Perrin, Paris, 2012
En vente à Alger

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