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samedi 16 janvier 2021

John Bolton: Le Maroc a sabordé la tenue du référendum au Sahara occidental

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Soutenu par la France, le maroc a passé près de trois décennies à tenter d’empêcher la tenue du référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui, a assuré, mardi, l’ancien conseiller à la sécurité du président américain Trump, John Bolton.

Avec la France et d’autres alliés au Conseil de sécurité Maroc a tenté, malheureusement avec un certain succès, de perturber l’application de la résolution 690 relative au référendum, a-t-il indiqué dans une tribune publiée sur le magazine en ligne, Foreign Policy. Rabat a fait une multitude de pseudo-propositions d’autonomie, dont aucune ne pouvait être acceptée par le Polisario, suggérant globalement un référendum où il fallait choisir entre une intégration au territoire marocain et une autonomie. Pour les Sahraouis, c’était une offre à prendre ou à laisser qui a toujours été inacceptable. Bolton a rappelé que du point de vue marocain, ce genre de processus de paix prétendue pouvait durer éternellement, signalant que non seulement le Maroc contrôle militairement de vastes pans du territoire sahraoui, mais il s’emploie à envoyer des vagues successives de Marocains pour s’installer dans les territoires tentant ainsi de noyer la population sahraouie.

Le référendum ou la guerre

John Bolton a tenu à rappeler que le Polisario n’a pas abandonné sa guerre pour un processus de paix, mais pour un référendum, faisant allusion au cessez-le-feu, entré en vigueur en1991 et rompu le 13 novembre dernier. Si le Maroc n’accepte pas un référendum, cela ne mérite pas un cessez-le-feu ou un faux processus de paix, a-t-il tranché. Le Polisario vit un moment crucial et sa décision serait totalement justifiée s’il revenait aux armes. Pour le Polisario, la volte-face de Trump est plus que décevante, a-t-il noté faisant référence à l’annonce faite par le président américain sortant au sujet de la reconnaissance par son pays de prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette annonce a brisé un engagement américain perçu comme inébranlable et que j’ai essayé de défendre et de faire avancer lorsque j’étais conseiller à la sécurité, bien souvent contre la volonté du département d’Etat qui tentait de trouver un moyen de renforcer le contrôle du Maroc sur le Sahara occidental », a confié l’ancien responsable qui avait quitté l’administration Trump en 2018.

Biden peut annuler la décision de Trump

La reconnaissance par Trump de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental mine dangereusement des décennies d’une politique américaine soigneusement mise au point, a déploré, en outre, John Bolton. Reprenant les arguments du sénateur américain pro-sahraoui James Inhofe, il a estimé que les Marocains et les Israéliens auraient pu normaliser leurs relations sans pour autant sacrifier le peuple sahraoui, mettant en avant une volonté de rapprochement existant de part et d’autre depuis des années et des relations officieuses plutôt « chaleureuses. La meilleure chose à faire pour Biden dès son investiture serait d’annuler la décision relative à la souveraineté marocaine. Ce ne sera pas facile étant données les attentes, mal inspirées, du côté de Rabat et d’Israël. Si Biden veut faire un revirement de 180 degrés, il devra le faire immédiatement après son installation, cela minimisera les dégâts.

Mohamed Yalaoui/APS

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