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dimanche 17 janvier 2021

Evènements du 11 décembre1960: L’ordre colonial français contrarié

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Les manifestations du 11 décembre 1960 ont contribué à bouleverser l’ordre colonial établi par l’occupation française en Algérie, lit-on dans une contribution publiée dans la dernière livraison du mensuel français Le Monde diplomatique.

Il y a soixante ans, à la surprise générale, et alors que Paris prétendait avoir définitivement écrasé l’Armée de Libération nationale ALN, les colonisés surgirent par milliers au cœur des villes pour exiger l’indépendance. Ces protestations suscitèrent une répression féroce, que l’Etat français a, depuis, dissimulée. Mais elles réussirent à bouleverser l’ordre colonial et permirent d’arracher l’indépendance et illustrèrent l’engagement décisif des classes populaires au cœur de la lutte de libération algérienne, écrit le sociologue français, Mathieu Rigouste. Dans une tribune intitulée Un Hirak avant l’heure: Décembre 1960, les Algériens se soulèvent, l’auteur rappelle que le soulèvement, mené par plus de dix mille Algériens et Algériennes dans le populaire quartier algérois de Belcourt présentement Mohamed Belouizdad, a eu lieu pendant un déplacement de Charles de Gaulle en Algérie destiné à promouvoir son programme de troisième voie, la stratégie de ce dernier consistant à favoriser l’installation d’une administration vassalisée qui défendrait les intérêts politiques et économiques de la France.Un projet nommé Algérie algérienne qui sera, néanmoins, contrarié par les manifestations, souvent insurrectionnelles, qui se multiplient sur le parcours du Général, mais aussi dans le reste du pays, pendant près de trois semaines, poursuit-il, évoquant la décision de ce dernier de se résoudre à négocier avec le Front de Libération nationale.

La dimension politique internationale

La tournée du président français, est-il également rappelé, avait coïncidé avec l’examen par l’Assemblée générale des Nations unies de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le 14 décembre 1960, puis avec la discussion, dans la même enceinte, sur la question algérienne, le 19 décembre. L’insurrection a lieu devant les journalistes du monde entier et trouve un écho direct à New York. Il n’est plus possible pour l’Etat français de prétendre être soutenu par la majorité des Algériens face à des terroristes minoritaires, fait-il observer, rappelant l’adoption de la déclaration ainsi que de la résolution reconnaissant le droit de libre détermination comme base pour la solution du problème algérien. Si l’Etat français avait reconnu officiellement 112 morts à Alger entre le 9 et le 16 décembre, l’essayiste soutient que les victimes sont des civils non armés et qu’après enquête, au moins 260 personnes tuées par la police, l’armée et les civils français ont été recensés, durant les confrontations du 9 décembre 1960 à Aïn Témouchent et celles du 6 janvier 1961 à Tiaret. Abordant l’impact de ces soulèvements, M. Rigouste évoque le desserrement de la pression militaire sur les maquis et leur reconstitution ainsi que la capacité du FLN à se réorganiser, dans la mesure où, explique-t-il, le Front est soutenu par les classes populaires ayant massivement pris en main la lutte pour l’indépendance du pays.

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