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vendredi 30 octobre 2020

Allocution de Ali Benflis, Président du Parti Talaie El Houriyet.

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Texte intégral du discours à de la septième session ordinaire de son Comité Central.

Alger, le 26 septembre 2019

Mesdames et Messieurs les membres du Comité Central ;

Mesdames et Messieurs les représentants des médias nationaux et internationaux.

Je voudrais, tout d’abord, exprimer, au nom des membres du Comité Central du Parti Talaie El Hourriyet, la bienvenue aux représentants des médias nationaux et internationaux.

Mesdames et Messieurs,

Notre présente session se tient dans un contexte d’une particulière sensibilité et il n’est pas exagéré de dire que le devenir de notre pays se joue dans les mois, sinon dans les semaines à venir.  Permettez-moi, avant d’aborder le sujet central de notre session, les élections présidentielles, de présenter une courte rétrospective de l’évolution de la situation politique. Depuis la 6eme session, tenue à Zeralda, le 10 novembre 2018, puisque, comme vous le savez, nous avons été empêchés de tenir notre 7eme session, comme initialement programmée, pour le 28 Février dernier, faute d’autorisation, parce que notre parti s’est opposé frontalement au 5ème mandat et qu’il ne s’est pas laissé entrainer dans la machination de la tentative de prolongation du 4ème mandat. Ce 4ème mandat “ à blanc ‘’ s’est terminé, comme vous le savez, dans la confusion totale.  Notre pays avait été pris en otage par des forces extraconstitutionnelles. Les cercles du pouvoir politique en place s’affrontaient sur fond de succession, mettant en danger la sécurité et la stabilité nationales. Notre pays était plongé dans une impasse politique qui gagnait en profondeur et en complexité, jour après jour. Cette situation était devenue intenable. Le peuple algérien, atteint dans sa dignité par l’annonce de la candidature au 5éme mandat, a réagi. La contestation pacifique du régime en place, lancée à partir de Kherrata et Khenchela a pris une ampleur nationale, le 22 Février, et ne s’est plus arrêtée. Le mur du silence et de la peur est tombé. La révolution démocratique pacifique a mis en échec le 5ème mandat avec la chute de l’architecte du système qui a fait stagner notre pays là où il n’a pas régressé. Il mettra en échec les élections présidentielles, prévues le 4 juillet, parce que les conditions politiques, institutionnelles et légales d’un scrutin libre, transparent et honnête n’avaient pas été réunies.  Talaie El Hourriyet a soutenu, sans réserve, la révolution démocratique pacifique contre le 5eme mandat et le régime en place, car nous nous sommes retrouvés, naturellement, dans les revendications et les aspirations populaires. Le système politique imposé au pays, durant prés de deux décennies, a vidé les institutions de leur substance, placé la classe politique entre vassalité et surveillance, dévitalisé la société, travesti les valeurs morales de la Nation, détruit l’économie nationale et érigé une économie de rente clientéliste et dilapidé les richesses du pays. Il a détérioré l’image de notre pays dans le concert des Nations. N’est-il pas consternant de voir que notre pays, que le prestige de la Révolution de Novembre a porté en haut du piédestal du Concert des Nations, est devenu la risée de tous.  Des individus, dépourvus de toute légitimité, profitant de leur seule proximité d’avec un président absent, ont usurpé les prérogatives présidentielles et parlaient et agissaient en son nom. Une poignée d’hommes d’affaires ont investi les arcanes du pouvoir, monopolisant l’accès aux marchés publics, aux quotas d’importations, aux crédits bancaires sans garanties, au foncier public. L’alliance complice entre le politique et l’argent a permis à l’affairisme de s’ingérer dans la sphère de décision. Des prédateurs, qui se sont habitués à vivre, abondamment, de la rente, constituaient une clientèle aux ordres, fidèle au point où leur allégeance a versé dans l’idolâtrie en sacralisant les portraits du Président absent. Les médias publics sanctifiaient, du matin au soir, la personne du Président absent et distillaient une « information » surréaliste qui n’avait aucune relation avec le pays réel. L’opposition nationale subissait un harcèlement permanent, accusée de mettre en danger la stabilité du pays et d’obéir à des agendas étrangers. Le champ des droits et libertés se rétrécissait de jour en jour. La liberté d’expression, de réunion et de manifestation, consacrée par la Constitution, était constamment violée. Les médias libres subissaient le chantage de l’octroi de la publicité et des pressions pour changer de ligne éditoriale. La justice aux ordres, s’ajoutait à ce tableau noir d’une gouvernance archaïque et chaotique de notre pays. C’est ce lourd héritage qui est à l’origine de la crise dans laquelle s’est embourbé notre pays, depuis avril dernier et que les institutions de l’Etat, en pleine déliquescence, ont été incapables d’éviter. Aujourd’hui, les têtes des forces extraconstitutionnelles, les principaux exécutants du  « programme virtuel du Président » et les figures emblématiques de la clientèle du régime ont été neutralisés grâce à l’accompagnement des revendications de la Révolution démocratique pacifique par l’Etat major de l’Armée Nationale Populaire.Le plus averti d’entre nous, et que dire du citoyen, a découvert, médusé, l’ampleur du désastre causé à notre pays, par un régime corrompu qui a érigé la prédation en mode de gouvernance. Cela veut-il dire que ce régime politique a été totalement démantelé ? Certainement pas. Ce n’est que la partie visible de l’iceberg qui a été touchée. Les tentacules de la pieuvre ont investi toutes les sphères du pouvoir, de la haute administration et de la société.  Il y a tout un régime politique, économique et social à construire sur des bases nouvelles conformes aux aspirations populaires. C’est dire l’urgence d’une sortie de crise pour que des institutions légitimes entament cette œuvre de rénovation nationale. Et de notre point de vue, l’élection présidentielle est la ligne droite qui mène vers la sortie de crise.

Mesdames et Messieurs,

Le corps électoral a été convoqué pour le 12 décembre 2019. Sincèrement, c’est une occasion à saisir pour une sortie de crise. J’ai, maintes fois, exprimé les raisons de notre choix, pour les élections présidentielles. Il n’est utile de les rappeler. Les enjeux de ce scrutin nous interpellent tous. Quels sont ces enjeux ?

-il s’agit, d’abord, de sortir le pays d’une crise particulièrement grave avec de dangereuses répercussions qu’il ne peut indéfiniment supporter et absorber, sans compter les risques de dérapages que charrie la prolongation de la crise. Et de fait, cette élection est exceptionnelle et décisive par son impact sur le processus de sortie de crise ; elle n’est ni ordinaire, ni routinière, ni une simple formalité. – il s’agit, ensuite, d’écarter les menaces que la crise fait peser sur l’Etat national, que nous avons tous le devoir de préserver afin qu’il ne soit pas emporté dans la chute du régime,-il s’agit, également, de remettre, au plus tôt, le pays en ordre de marche pour faire face aux lourds défis politiques, économiques et sociaux dont l’urgence de la prise en charge et du traitement ne peut plus être ignorée.  il s’agit, encore, d’engager, le plus vite possible, le processus de rupture et de changement revendiqué par la Révolution démocratique et porté par le mandat présidentiel de transition qui sera confié par le peuple souverain au futur Président de la République. il s’agit, par ailleurs, d’opérer la rupture avec la pratique politique qui a prévalu jusqu’à présent, si toutes les conditions indispensables sont réunies, je dis bien, si toutes les conditions indispensables sont réunies, en permettant au peuple algérien, pour la première fois, d’élire, en toute liberté et en toute souveraineté, le président légitime de la République, avec l’assurance, que cette fois-ci, sa volonté ne sera pas détournée. Et n’est-ce pas là, la traduction de l’esprit des articles 7et 8 de la Constitution dont le peuple en marche n’a eu de cesse de revendiquer l’application, depuis plus de sept mois ?-il s’agit, enfin, de l’obligation de réussir cette troisième tentative d’élection d’un Président de la République dont un échec éventuel précipiterait le pays dans l’inconnu. Plus que jamais, les élections présidentielles se présentent, comme la voie de sortie de crise la moins risquée et la moins dommageable pour le pays tout en assurant aux demandes et aux aspirations populaires légitimes, le cadre de leur réalisation pleine et entière de manière ordonnée, apaisée et sereine.

Mesdames et Messieurs,

Les élections fixées au 4 juillet ont, à juste titre, et unanimement, été rejetées, autant par la Révolution démocratique pacifique que par l’opposition politique, en raison de l’absence de garanties pour un scrutin régulier, transparent, et intègre. L’objectivité nous oblige de reconnaitre, qu’aujourd’hui, avec la création de l’Autorité nationale indépendante électorale, et les amendements apportés à la législation électorale, et en dépit de quelques lacunes dont le caractère n’est pas déterminant, les conditions que nous avons posées aux plans institutionnel, légale et procédural de l’élection présidentielle ont été globalement satisfaites et garantissent, globalement, au Peuple Algérien, la libre expression de sa volonté et l’élection du futur Président de la République, en toute souveraineté. Le cadre du scrutin présidentiel étant mis en place, il reste, toutefois à réunir les conditions politiques et à créer un environnement politique serein et apaisé, pour convaincre le citoyen de se rendre aux urnes et enregistrer une participation électorale qui investit le Président élu de la légitimité et de la confiance nécessaires pour mener à bien la réalisation des aspirations populaires. Il s’agit, notamment, des mesures identifiées dans la plateforme de Ain Benian, à laquelle nous restons attachés, et dont la mise en œuvre donnerait à l’élection présidentielle sa crédibilité comme voie de sortie de crise. Le départ du gouvernement actuel, chargé de la gestion affaires courantes, et son remplacement par un gouvernement de compétences, est à cet égard, une revendication unanime, autant de la Révolution démocratique que de l’opposition politique.

Mesdames et Messieurs,

Notre option pour les électionsprésidentielles n’est pas un ralliement intéressé ou obligé à une quelconque feuille de route par calcul politique. Elle procède de convictions  bien ancrées.J’ai l’intime conviction, et je l’ai maintes fois répété,  que l’élection présidentielle est la voie la moins longue, la moins risquée et la moins coûteuse pour le pays aux plans politique, sécuritaire, économique et social. C’est la voie la plus réaliste. La voie salutaire.De même, cette option que nous assumons ne signifie nullement que l’on écarte d’un revers de la main le débat sur l’option de la Constituante. Je valorise, personnellement, les efforts développés par tous ceux qui s’investissent pour contribuer à la sortie de crise. Le changement de régime politique, la transition démocratique et l’impératif d’une nouvelle Constitution de la République sont des objectifs partagés et sont devenus le dénominateur commun à toutes les Algériennes et à tous les Algériens.La différence entre l’option de l’élection présidentielle et celle de la Constituante est uniquement une question d’ordonnancement de priorités, de timing politique et d’approche de la sortie de crise. Et, j’ai la ferme conviction, je le dis et je le répète avec insistance, que l’élection présidentielle est la voie la plus rapide et la plus efficace pour réaliser les aspirations de la Révolution démocratique. Changement de régime politique, de transition démocratique et d’élaboration d’une nouvelle Constitution de la République, des aspirations que tout candidat à la Présidence de la République se doit de prendre en charge dans le mandat présidentiel de transition que les Algériennes et les Algériens lui auront confié. De même, il devient urgent d’investir de la légitimité nécessaire, les institutions qui auront pour charge d’opérer le changement de régime, de doter le pays d’une nouvelle constitution fondatrice de l’Etat de droit et d’un ordre politique économique et social nouveau, conforme aux aspirations populaires. Et la première des légitimités à établir n’est- ce pas celle du Président de la République ?

Mesdames et Messieurs,

Je constate, en toute objectivité, qu’il reste beaucoup à faire pour assainir l’environnement politique, redonner confiance, lever les doutes et convaincre les plus sceptiques des enjeux du prochain scrutin. Et il n’est pas trop tard pour prendre les mesures susceptibles de stimuler l’adhésion et la participation des citoyens pour donner toute sa crédibilité à ce scrutin. Notre pays est en train de passer d’une zone de turbulence à une zone de tous les dangers. Et, en cette phase cruciale, le devoir patriotique nous interpelle et nous investit de la responsabilité politique d’agir pour éviter au pays le pire et préserver l’Etat national. Personnellement, je suis prêt à prendre ma responsabilité. Mon engagement politique au service de mon pays me commande de contribuer à la sortie de crise, de défendre l’Etat national, et de me tenir disponible.  Si le Comité central le décide, pour défendre le projet politique que je porte, qui a été avalisé par Talaie El Hourriyet, un projet qui intègre toutes les revendications portées par la Révolution démocratique, en termes de rupture avec le régime en place, de transformation de l’Etat national en Etat de droit et d’instauration d’un régime démocratique et social. 

Mesdames et Messieurs les membres du Comité Central, 

Il revient au Comité Central, que les textes fondamentaux du Parti investissent des prérogatives d’« arrêter les stratégies électorales du Parti », et de « présenter le candidat du Parti à l’élection résidentielle », de se prononcer à cet égard. Les membres du Comité central sont appelés à débattre de cette question, en toute liberté, dans la transparence totale et la sérénité, comme ils l’ont fait lors de l’examen de l’opportunité de la participation de notre Parti aux scrutins précédents, en étant pleinement conscients que cette fois-ci, les enjeux du scrutin sont autrement plus importants, dans la mesure où il y va du devenir de notre pays.  Notre Parti, qui a toujours eu comme ligne politique la préservation de l’Etat national, prendra certainement la bonne décision. Et, je n’ai aucun doute que, quelle que soit la décision qui sortira de cet exercice démocratique, le Parti se mobilisera pour sa mise en œuvre.   

Je déclare ouverte la 7éme session ordinaire du Comité Central qui, j’ai la certitude, sera fructueuse.

Je vous remercie.

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